La Belgique récupère désormais les batteries de voitures électriques

Il est impossible désormais pour les marques automobiles d’afficher un catalogue sans proposer au moins l’un ou l’autre modèle électrique. Cette évolution a commencé chez les plus inspirés il y a désormais plusieurs années. De quoi amener les premières conséquences indirectes de cette nouvelle stratégie.

Comment gérer la fin de vie de ces autos lorsqu’elles ont avalé assez de kilomètres ou qu’elles ont simplement fini leur vie un peu trop tôt dans un accident? Concernant cette interrogation, le secteur n’en est qu’à ses débuts. Hier, il a toutefois franchi un nouveau pas intéressant. Le groupe de recyclage Comet Traitements, installé à Châtelet et Obourg, a inauguré le premier centre de recyclage belge de voitures électriques.

Concrètement, l’entreprise dispose désormais de toutes les capacités nécessaires pour l’extraction des batteries. Ce procédé n’a en effet rien de banal. « Il y a de véritables risques avec la manipulation des batteries. Il y a malheureusement des exemples de personnes ayant été électrocutées à cause d’une mauvaise manipulation d’une batterie« , explique Pierre-François Bareel, R & D Manager chez Comet.

96%
Le taux de recyclage des voitures électriques peut monter jusqu’à 96%. C’est un pourcent de moins que pour les autos classiques.

L’entreprise wallonne n’est toutefois encore qu’un maillon dans la longue chaîne du recyclage. Une fois extraite, la batterie est renvoyée à la marque, qui lui trouvera une seconde vie. La société se charge par contre du recyclage du reste du véhicule et parvient même à atteindre des résultats pratiquement aussi bons que pour les voitures classiques. « Il y a un peu plus d’électronique et le moteur est forcément différent, mais globalement, cela reste assez semblable. Nos taux de recyclage sont d’ailleurs quasiment identiques. Pour une voiture classique, nous atteignons plus de 97% de recyclage. Pour les véhicules électriques, c’est environ 96%« , ajoute encore le R & D Manager.

S’il connaît ces statistiques, c’est parce que son entreprise n’est, en réalité, pas tout à fait novice en la matière. « Nous avons déjà pu tester la manière d’opérer sur un plus de 150 véhicules Toyota. La marque dispose de l’un des premiers modèles hybrides. Il arrive doucement en fin de vie. Mais depuis aujourd’hui, l’opération est réalisable pour toutes les marques« , explique encore le responsable. Seul Tesla n’est visiblement pas encore intéressé par le processus. « C’est assez logique. Les voitures de luxe ne finissent que rarement à la casse. On leur trouve en général une seconde vie avant d’en arriver là« , sourit le manager.

La demande ne devrait toutefois pas être trop importante, au début. Une situation qu’avait évidemment anticipée l’entreprise wallonne. « Pour le moment, seulement cinq de nos ouvriers sont formés. Il s’agit essentiellement aujourd’hui de voitures accidentées. Mais cela va très vite évoluer avec les modèles électriques de plus en plus nombreux. Il n’y a d’ailleurs pas vraiment de limite. D’ici cinq à six ans, on pourrait avoir à extraire les batteries de 5.000 à 10.000 véhicules par an« , ajoute encore le patron. Lorsque le marché prendra de l’ampleur, l’entreprise pourrait d’ailleurs même élargir ses activités. « Il y a dix ans, si on m’avait demandé si je voudrais un jour faire du traitement de batteries, j’aurais refusé car nous n’avions aucune connaissance. Mais désormais c’est une piste envisageable« , conclut Pierre-François Bareel.

Source : Journal l’Echo

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